
Construire
en bois brut et matériaux naturels
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Techniques de végétalisation des toitures en pente Des herbes hautes qui ondoient au gré des vents, des fleurs qui viennent éclore au fil des saisons, le vert des prés qui touche le bleu du ciel : c’est un toit.
Mettre une prairie sur sa maison ne relève ni du conte ni du rêve, mais répond aujourd’hui au besoin urgent de protéger l’homme et sa planète : elle isole du froid et du chaud, économise l’énergie, stocke le carbone, purifie l’air, absorbe la pollution, réduit les risques d’inondation, protège du bruit… Après nous avoir fait découvrir
la tradition et le renouveau des toitures-prairies en Europe, Thierry et
Marie-F. Houdart, qui font pousser l’herbe sur les toits depuis de nombreuses
années, nous expliquent leurs techniques.
Voilà presque 20 ans que Thierry Houdart, ingénieur-artisan
(Les Bois de la Combe Noire), et formateur (ass. BSTCB), pose de la prairie
sur le toit de ses maisons de bois brut. L’intégration parfaite
de ces pentes herbeuses et fleuries dans l’environnement, le confort qu’elles
apportent à l’habitation (isolation thermique, acoustique),
l’effet qu’elles jouent sur l’assainissement de l’atmosphère (stockage
de carbone, production d’oxygène, fixation des poussières,
atténuation de la pollution, des surchauffes …) et sur l’environnement
(en limitant le ruissellement de l’eau de pluie), il les constate depuis
longtemps. Avec son épouse Marie-France, ethnologue, ils publient
aujourd’hui un ouvrage qui marie technique et culture, La prairie sur le
toit – Technique de végétalisation des toitures en pente
(Maiade éditions), où il nous font part de leur expérience
et de leur technique.
Pour T. et MF. Houdart, l’exemple
est venu des pays nordiques qui ont gardé et font même aujourd’hui
revivre un type de couverture connu depuis des siècles, voire même
des millénaires, dans un bon nombre d’autres pays d’Europe qui eux,
l’ont totalement oublié, la terre engazonnée. Et pour cela
deux méthodes : dans la première, il s’agit de poser, sur
l’étanchéité adaptée, une couche de 15 à
20 cm de terre qui sera ensuite ensemencée ; dans la deuxième,
il s’agit d’y disposer, l’une sur l’autre, deux couches de plaques de
terre couverte de prairie, l’une herbe vers le bas, destinée
à se décomposer et à faire de l’engrais vert , l’autre
herbe vers le haut, qui ainsi verdira tout de suite le toit. Ces
plaques, qu’on appelle au sens propre des « glèbes »,
sont découpées soit mécaniquement (il existe des «
déplaqueuses d’herbe »), soit manuellement dans une
prairie proche (à moins encore qu’on ne préfère acheter
des plaques prêtes à poser). En une journée, votre
toit est déjà tout vert. Dans les deux cas, il s’agit bien
de terre ensemencée, le plus souvent celle de l’environnement immédiat,
et non d’alvéoles précultivées.
Et maintenant les grandes questions : comment tondre, comment entretenir ? Une toiture n’est pas un terrain de golf. Une fauche annuelle à la débroussailleuse sera suffisante. Quant à l’arrosage, on peut bien sûr arroser (en récupérant les eaux usées par exemple) si on veut garder son toit toujours vert. Mais Thierry et Marie-France Houdart préfèrent les toits qui évoluent en prenant la couleur des saisons, et qui se resèment tout seuls au gré des vents et des insectes qui apporteront le jaune du millepertuis, le mauve du serpolet, le blanc de l’achillée ou de la marguerite, et même le pourpre des lychnis échappés du jardin …Le toit devient alors un vrai tapis fleuri. Et même s’il sèche sous la chaleur d’été, il reverdira aux premières pluies, en même temps que la végétation environnante. Cette technique, qui suscite un très fort intérêt, est appelée à se développer en France. Elle est adaptée aux toitures en pente, même forte. Pour ceux qui ne souhaitent pas autoconstruire, quelques couvreurs se sont déjà spécialisés dans sa mise en œuvre. Que d’autres les suivent ! -
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